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I’m interested in the relationship that a picture has with the media, material or technique that realizes it, that makes it visible. For a picture to be visible, it is necessarily engaged in a specific form, a specific medium. My main medium is painting ; oil on canvas.

  Painting can be very illustrative on how a picture appears, for it is in our nature to see images in a simple stain or a few hasty strokes. Our gaze seeks constantly to interpret, to give meaning to what it perceives. I have always aspired for a practice of painting that is more analytical that improvised. I’m interested in the moment when begins or ends the resemblance. To see that moment when the paint start to refer, to resemble something other than itself. In order to understand the mechanism of the recognizable, sometimes my paintings are very near the abstract.

  My paintings are constructions in witch the different ways of applying the paint on the canvas is predetermined by the sketch, the plan. In my works, the image rendered by the paint, and the paint itself, are in a tight mimetic relationship. The subject of my paintings is as much painting itself, meaning its physical qualities, it’s history, it’s objecthood etc., than the picture rendered by it. 

  I wish to create work that is without pathos, but not without poetry. This is why my painting is often gestural, but not expressive. This brushstroke is not improvised, but planned and premeditated. I call it manneristic, for mannerism seeks less to represent an object than to reveal the artifice of art itself, to represent art.

   I don’t paint after photographs. My paintings derive from observation and deduction; of life, of the world and of it’s representations in pictures, painted and otherwise. My images are not new. Most of the time you’ve seen these images through and through, in movies, television, painting, photos etc. All around us. But I did not find them anywhere in particular, except in my head, in my memory. But I did not invent. It is as if they were already there.

  I consider the object that is a painted picture (tableau), almost as an archetype of the art object, in a vulgar sense. What I mean is, for example, if in a comic book there is a depiction of a work of art, it will most likely be a painting, an oil on canvas, of a medium size. And it is probably because of that very privileged place that painting has occupied within the arts for so long, that it is today a very heavy and difficult medium to tackle. But it is heavy with meaning. It is because this picture plane and this object is now so over-signifying and over-determined that it is of great interest to me.

 

Je m’intéresse à l’image et à sa relation au médium, matériau et technique qui la réalise, qui la fait apparaître, la rend visible. Pour qu’une image soit visible, elle est  forcément engagée dans une forme, dans un médium spécifique. Mon médium principal est la peinture. 

  La peinture peut être très démonstrative de la façon dont une image apparaît, car on a une tendance naturelle à voir des images dans la moindre tâche, dans quelques traits simples.  Notre regard cherche sans cesse à interpréter, à donner du sens au perçu. J’ai toujours aspiré à une pratique de la peinture qui serait plus analytique qu’improvisée. Il m’intéresse de trouver ou commence et ou s’arrête la ressemblance. Pour comprendre le mécanisme du reconnaissable, parfois mes images frisent l’abstrait. Pour voir à quel moment la peinture commence à faire référence, à ressembler à autre chose qu’à lui-même. 

     Mes peintures sont des constructions, dont les différentes façons d’appliquer la peinture sur la toile sont prédéterminées dans le croquis, qui est un plan d’exécution. Car dans mes peintures, ce que représente l’image et la peinture qui le réalise, sont dans un étroit rapport mimétique. Le sujet de mes peintures est autant la peinture en soi, c’est-à-dire ses qualités physiques, son histoire, sa qualité d’objet, etc. que la chose figurée par elle. 

    Je souhaite faire une œuvre qui soit dépourvue de pathos mais non pas de poésie. Ainsi il est question d’une peinture souvent gestuelle mais non pas une peinture expressive. D’un geste qui n’est pas improvisé, mais planifié, prémédité. Un geste que j’appelle maniéré, dans le sens ou le maniérisme est quelque chose qui vise moins à représenter un objet qu’a manifester l’artifice de l’art, à mettre l’art en représentation. 

    J’envisage l’objet peinture-tableau presque comme un archétype de l’œuvre d’art, dans un sens vulgaire. Je veux dire que si dans Picsou magazine on y figure une œuvre d’art ça sera probablement une peinture à l’huile sur toile de taille moyenne, voir taille chevalet. C’est sûrement à cause de ça, de la place privilégiée qu’il a occupé parmi les arts que ce médium est maintenant si difficile et lourd, mais lourd de sens justement. Pour moi c’est autant dans son caractère archétypal et exemplaire que je trouve de l’intérêt dans ce médium. C’est parce que cet objet et cet espace pictural sont aujourd’hui sursignifiants, surdéterminés, qu’ils m’intéressent.                                                                                    

  Je ne fais pas une peinture d’après photo mais une peinture d’après observation et déduction, de la vie, du monde et de ses représentations en images, peintes ou autres.  Mes images ne sont pas neuves. Le plus souvent il s’agit d’images qu’on a déjà vu des myriades de fois, en cinéma, en peinture, en photos, à la télévision etc. Tout autour de nous. Mais je ne les ai trouvés nulle part en particulier, à part dans ma tête, dans ma mémoire. Je ne les ai pas vraiment inventées. C’est comme si elles étaient déjà là.