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Upcoming shows:

 

March 10 - May 28 2017:

Peindre dit-elle [Chap.2], group show at Musée des Beaux-Arts de Dole, France. Curated by Julie Crenn, Annabelle Ténèze and Amélie Lavin

 

 

April 8 - May 6 2017:

Shadows in the Mirror, solo show at Z Gallery, 102-1688 West 1st Avenue, Vancouver, BC Canada

I paint pictures.

These pictures are the consequence of my observations of the visible world and its representations. Small perceptions of the everyday will merge with reflections on looking, painting and image making: the motif of my works is equally painting itself, its history, the paint as a physical substance, the tableau as an object. Painting and picture often imitate each other.

In painting one can see how a picture appears, for it is in our nature to see images in a simple stain or a few hasty brushstrokes. Our gaze seeks constantly to interpret, to give meaning to what it perceives. When is that moment, when begins or ends the resemblance? I’d like to see that moment, when the paint starts to refer, to resemble something other than itself. That is why I seek to give only the necessary amount of indications. I hint. (What you think you see is often hidden from view.)

There are no photographs on the walls in my studio. . I prefer to employ observation and deduction. I look at people, at the world and at its representations in pictures, painted and otherwise. My paintings are constructions of lines, colours and proportions. The way I paint is predetermined in the sketch, the plan. But my images are not new. I did not really invent them. It is as if they were already there.

Henni Alftan

Je peins des images.

Ces images sont la conséquence de mes observations du monde visible et de ses représentations. Les petites perceptions du quotidien vont se mêler aux réflexions sur le regard, la peinture et la construction de l’image : le motif de mes œuvres et aussi la peinture elle-même, son histoire, ses qualités physiques, l·‘objet tableau. Souvent, peinture et image s’imitent.

En peinture, nous pouvons voir comment une image apparaît, car nous avons une tendance naturelle à voir des choses dans la moindre tache ou quelque touches de pinceau. Notre regard cherche sans cesse à interpréter, à donner du sens à ce qu'il perçoit. À quel moment commence ou s’arrête la ressemblance·? J’aimerais voir l'instant la peinture commence à faire référence, à ressembler à autre chose qu’à elle-même. C’est pourquoi je cherche à donner seulement la quantité nécessaire d’éléments, d’indices. (Ce que vous pensez voir est souvent à l’abri des regards.)

Il n'y a pas de photos sur les murs de mon atelier. Je préfère observer et déduire. Je regarde les gens, le monde et ses représentations, peint et autres. Mes peintures sont des constructions de lignes, de couleurs et de proportions. La façon de peindre est prédéterminée dans le croquis, le plan. Mais mes images ne sont pas nouvelles. Je ne les ai pas vraiment inventées. C’est comme si elles étaient déjà là.

Henni Alftan

At first glance, we sense a sort of immediacy in Henni Alftan’s works. By using a complex combination of framing and ellipsis, of matter and light, the artist manages to produce images that appear so real, they become evident…at least at first glance. But then, our reading of the painting is often completely perturbed by the shifts she introduces to complete the subject and inform on the original context.

Henni Alftan systematically plays with our vision, our sense of perception and our thinking… The relationship between showing, naming and contextualizing produces the intriguing tension that underlies her works. They sometimes border cold abstraction, until her artful brushstroke, her knowledge of the codes ruling the image finally reverse our first impressions and lead us to a familiar, recognizable place.

Though her subjects are entirely contemporary, each one of her -canvases refers to pictorial issues of the history of painting. As a result of her experimentations, Henni Alftan has compiled an impressive poetic lexicon of the mundane. Our reflexes as unremitting voyeurs of images are triggered by the touch of her brushstrokes.

Aurélie Faure & Gaël Charbau

Dans un premier temps, c’est toujours par une forme d’immédiateté qu’on entre dans les œuvres d’Henni Alftan. Par un savant jeu de cadrage, d’ellipse, de matière et de lumière, l’artiste parviens à créer un effet de réel qui rend ses images évidentes…en tout cas au premier abord. Puis dans un deuxième temps, elle réussit souvent à déboussoler notre lecture de la toile en créant des glissements, qui viennent compléter les sujets peints, ainsi que le contexte dont ils sont extraits.

L’artiste joue systématiquement avec l’œil, la perception, la pensée… Cette relation entre montrer, nommer et contextualiser crée au fil des œuvres une étrange tension. Ses toiles frôlent parfois une abstraction glacée, jusqu'à ce que sa science du geste et sa connaissance des codes de l’image nous saisissent en retournant nos premières impressions vers un univers connu et reconnaissable.

Chacune de ses toiles renvoie à l’histoire de la peinture et de ses problématiques plastiques, mais ses sujets sont résolument contemporains. Henni Alftan constitue ainsi au gré de sa pratique un ambitieux abécédaire poétique du banal, en appuyant avec ses brosses sur nos reflexes d’éternels voyeurs d’image.

Aurélie Faure & Gaël Charbau